Eugénie Brouillet remporte le prix Richard-Arès

Le Prix Richard-Arès est un prix littéraire québécois décerné à l’auteur d’un essai publié au Québec qui témoigne d’un engagement à éclairer les québécois sur les grandes questions d’intérêt national. Il est remis annuellement par la Ligue d’action nationale depuis 1991. Ce prix a été créé en hommage au père Richard Arès.
La création de ce prix a pour objectifs essentiels de promouvoir la culture nationale en encourageant l’expression de la pensée.La négation de la nation: art109] est un ouvrage de combat qui s’inscrit à contre-courant des tendances prises par la majorité des constitutionnalistes anglo-canadiens contemporains. L’auteure prend tout d’abord la peine de préciser dans une première partie les principaux concepts qui lui seront utiles dans la suite de son ouvrage. Elle consacre ainsi les cent premières pages de son livre à la clarification des concepts de nation, de culture, et de fédéralisme. Elle défend un concept de nation culturelle ayant en même temps une portée civique, et elle développe une conception fort bien articulée des principes essentiels à la base de tout régime fédéral. Puis vient ensuite la deuxième partie qui nous fait entrer dans le cœur de l’argumentation. L’auteure y défend deux thèses centrales. Il s’agit de thèses historiques. La première laisse entendre que le droit constitutionnel canadien a relativement bien accueilli l’identité culturelle québécoise à partir de 1867 jusqu’en 1949, soit pendant la période où l’œuvre interprétative de la loi de 1867 a été faite par le comité judiciaire du Conseil privé de Londres. Cette thèse s’étale sur près de 150 pages (de la page 105 à la page 253). L’autre thèse concerne la centralisation progressive de l’État canadien, et elle est elle aussi étayée principalement à la lumière du rôle joué par les tribunaux. Elle s’étale sur un nombre presque équivalent de pages (253 à 378). L’auteure montre que l’orientation nationaliste et centralisatrice s’amorce sur le plan constitutionnel dès 1949 sous l’impulsion de la Cour suprême. Lorsque Pierre Elliott Trudeau prend le pouvoir à la fin des années soixante, il prend un train qui est déjà en marche.

L’originalité du livre ne repose pas en tant que tel sur le contenu des thèses avancées, car celles-ci ont déjà été proposées ailleurs, et notamment par Richard Arès lui-même. L’originalité du livre tient à ce que l’auteure s’appuie sur des sources extraordinairement bien documentées pour démontrer ses thèses. Voilà où se situe la véritable originalité de l’ouvrage. Il s’agit d’une démonstration rigoureuse, informée par la jurisprudence et par l’étude des textes. Elle s’inscrit en ce sens dans le prolongement des travaux d’Andrée Lajoie, de Jacques-Yvan Morin et José Woerhling et surtout des travaux d’Henri Brun et Guy Tremblay, qu’elle cite d’ailleurs abondamment. L’appareil de notes est à cet égard fort impressionnant : il s’étale de la page 387 à la page 478. On a rarement fait une caractérisation aussi fine de l’évolution de la fédération canadienne sur le plan constitutionnel. L’auteure décrit très bien le cul-de-sac constitutionnel dans lequel se trouve actuellement le Québec au sein du Canada. L’ouvrage vient aussi à point nommé dans le contexte du résultat des élections fédérales 2006 qui annoncent, aux yeux de certains, une «nouvelle ère» dans les relations Québec-Canada.

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