“La fragmentation de l’État en Europe”

Conférence du politologue Alain Dieckhoff, Science Po Paris et CERI/CNRS, suivie du lancement du livre “D’un référendum à l’autre: le Québec face à son destin”.Foyer de la Salle Marie-Gérin-Lajoie (J-M400), Université du Québec à Montréal, Pavillon Judith-Jasmin, 405, rue Ste-Catherine Est.Président : Dorval Brunelle, Institut d’études internationales de Montréal.

Commentateur : Frédéric Merand, Université de Montréal.

Ouzbékistan, Érythrée, Moldavie, Slovaquie, Géorgie, autant de noms d’États indépendants qui figurent désormais sur nos atlas, mais ils ne sont pas les seuls : au cours de la décennie 1990, ce ne sont pas moins d’une vingtaine d’États qui ont vu le jour. Si deux États sont apparus dans le cadre de l’achèvement de processus de décolonisation qui avaient été interrompus par des voisins expansionnistes (l’Érythrée en 1993 par dissociation d’avec l’Éthiopie, le Timor Oriental en 2002 après une occupation indonésienne de vingt-quatre ans et trois années d’administration par l’ONU), les vingt-deux autres États sont nés sur les décombres du bloc communiste, dont seize en Europe, si l’on retient comme borne géographique les monts Oural . L’espace postcommuniste a engendré quasiment toutes les limites étatiques nouvelles apparues depuis 1990, soit 26 651 km, dont 11 829 km en Europe (le reste l’a été en Asie centrale).
Multiplication des États et production de frontières internationales ne donnent toutefois qu’une image parcellaire et imparfaite d’une dynamique nationale beaucoup plus profonde qui, en Europe de l’Ouest, entretient aussi des forces centrifuges.
Ici, le lehendakari basque (chef du gouvernement) présente un plan de libre association du Pays Basque avec l’Espagne, qui vise à accroître le transfert de compétences à la communauté autonome et à la doter d’une représentation propre au sein de l’Union Européenne. Là, le premier ministre du gouvernement fédéral, le Flamand Yves Leterme, réclame pour la Belgique, à l’unisson des partis flamands, la mise en place du confédéralisme que d’aucuns voient comme la dernière étape avant le démembrement final du pays. Ailleurs, encore, les Écossais placent en mai 2007 à la tête de leur exécutif régional l’indépendantiste Alex Salmond.
En Europe, le processus de création de nouveaux États a été, depuis le début des années 1990, particulièrement vigoureux. Il atteste que le principe nationaliste qui aspire, comme Gellner l’avait noté, à la congruence entre culture et unité politique demeure actif même si, comme nous le verrons, ce serait une erreur que d’attribuer la division des États uniquement à ce principe.

Cette conférence du professeur Alain Dieckhoff sera suivie d’un vin d’honneur et du lancement du livre D’un référendum à l’autre : le Québec face à son destin: art257], publié aux Presses de l’Université Laval, sous la direction d’Alain-G. Gagnon.

Observatoire des Diasporas

Observatoire des Diasporas

Bibliothèque virtuelle

Appels à communication

Abonnement infolettre

Bourses et concours

École d’été 2019

Suivez-nous:

CRIDAQ filigrane