« La concurrence des mémoires et la crise de l’histoire nationale »

Colloque « La concurrence des mémoires et la crise de l’histoire nationale », sous la direction scientifique de Jacques Beauchemin: art30], Université du Québec à Montréal.6 et 7 avril 2009 à la salle Roger-Poirier, local 203, du Centre St-Pierre, 1212 rue Panet, métro Beaudry

Les sociétés modernes contemporaines sont caractérisées par le pluralisme identitaire. C’est dans cette perspective que ce sont multipliées des revendications trouvant leur légitimité dans le fait de défendre une différence, une particularité dont la reconnaissance s’impose aujourd’hui comme un impératif. Les idéaux de pluralisme et de tolérance que nous cultivons correspondent à cet appel d’ouverture à la différence. Ainsi, les conflits entourant l’interprétation du passé, ou encore les tentatives de reconfiguration de la mémoire collective, semblent renvoyer à une lutte identitaire dans laquelle les différents groupes qui s’y affrontent négocient leur place dans le grand récit collectif. C’est en montrant l’importance qu’ils ont occupée dans l’histoire que des regroupements d’acteurs peuvent exiger aujourd’hui d’être considérés dans l’orientation de la Cité. C’est en montrant les oublis dont ils on pu être victimes que d’autres regroupements d’acteurs peuvent demander réparation. L’enjeu de la lutte vise alors à établir le bilan des pertes et des dommages mémoriels.

C’est ainsi que se multiplient les demandes de réparations de torts historiques et de dédommagements conséquents. Nous ne faisons que commencer à voir des gouvernements présenter des excuses à des regroupements d’acteurs ayant été victimes d’injustices passées. Ce rapport nouveau à l’histoire qui étend, pour ainsi dire, rétroactivement les effets politiques de la demande de reconnaissance identitaire, témoigne d’un élargissement de la subjectivité historique et d’un consentement à la diversité au sein des consciences historiques. L’ouverture au pluralisme ne se limite donc pas à la reconnaissance de droits dans la sphère politique, mais s’étend maintenant à la refondation des grands récits collectifs. Nos sociétés ressentent le besoin de réécrire leur histoire de manière à la mettre au service du présent et à y intégrer les acteurs qui en auraient été exclus, où dont on aurait sous-estimé l’apport.

De la même façon que nous nous sommes progressivement habitués à voir négociées les conditions de travail de la classe ouvrière, les droits civiques des minorités, ou les droits sociaux des groupes défavorisées, il nous faut maintenant poser semblablement le rapport à l’histoire comme territoire de luttes. Sans doute alors faut-il plaider, comme Paul Ricœur nous invite à le faire, en faveur d’une « politique de la juste mémoire ».

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